jeudi 8 mars 2012

PERE JEAN -MARIE: "JE SUIS BEL ET BIEN VIVANT"


C’était après la messe que je venais de célébrer à la chapelle Saint Louis des français. Autour de 8 heures locales. Alors que je saluais les fidèles chrétiens, j’ai aperçu une fumée blanche monter du camp de régiment blindé situé non loin de la chapelle.

J’ai eu le réflexe de crier haut et fort à la foule qui était là pour avertir les fidèles de s’éloigner de l’endroit. Et moi-même, je suis entré dans la voiture pour rentrer en communauté. Soudain, une grande explosion s’en est suivie. Les voitures des quelques fidèles qui étaient autour de la mienne se sont renversées toutes. Et la voiture à bord de laquelle je me trouvais est restée stable mais la portière de mon côté à été arrachée, le pare-brise et les autres vitres se sont brisées.

Un impact m’a frappé sur le menton. Je me suis retrouvé par terre. J’avais encore toutes mes facultés. J’entendais les gens crier : « Notre curé est touché ! Notre curé est mort !!! » Vite, les jeunes gens sont venus à mon secours. J’ai été transporté au dos jusqu’à l’avenue. Une première voiture d’un particulier s’est arrêtée pour me transporter… quelques secondes plus tard, une seconde explosion, plus forte que la première. Terrorisé, le chauffeur du véhicule ne pouvait plus conduire. Il a choisi de s’arrêter pour fuir à pieds. Je suis resté à bord. Dieu merci, les fidèles chrétiens qui voyaient la scène ont vite fait d’arrêter un taxi. Le taximan a eu le sang froid et a accepté de s’arrêter pour me transporter et c’est comme cela que j’ai été conduis dans un hôpital où j’ai reçu premiers soins, puis j’ai été acheminé à un autre centre hospitalier pour d’autres soins.

Actuellement, j’ai quelques points de sutures au niveau du menton et quelques plaies dans l’œil gauche. Il m’est difficile de l’ouvrir en face de la lumière. Il est toujours bandé et il faut des soins appropriés pour cela. A l’heure qu’il est, je me repose en communauté selon les prescriptions du médecin, le temps de me déstresser, de me dé traumatiser et de poursuivre avec les pansements journaliers. Je rassure celles et ceux qui me connaissent et qui prient pour moi que je suis bel et bien vivant.

Je remercie à tous et à chacun pour l’attention particulière portée sur mon humble personne. Merci pour vos prières à mon intention. Merci pour le chauffeur de taxi, les secouristes, les braves jeunes de la chapelle Saint Louis des Français et les personnels soignants qui m’ont aidé. Que Dieu vous le rende au Centuple ! Je recommande à la Miséricorde infinie de Dieu les âmes des nos frères et sœurs, victimes de cette explosion.

Explosion à Brazzaville : la chapelle Saint Louis des Français réduite en ruine.



La nouvelle de l’explosion d’un dépôt de munitions à Brazzaville s’est répandue comme une trainée de poudre. Ayant des confères dans la zone touchée, nous avons vite fait de les appeler pour en savoir un peu plus. Joint au téléphone, le Père Jean XXIII Mukendi, supérieur de la Communauté nous relate les faits :

« Il est 8 heures locales. Le Père Jean Marie Bukasa, carme déchaux, vient de finir la célébration eucharistique de ce dimanche de la Transfiguration. Comme d’habitude, à la fin de la messe, c’est le moment pour les chrétiens de se saluer et de se donner quelques nouvelles. Pratiquement tous ceux qui ont participé à la messe sont encore dans la cour. D’autres chrétiens arrivaient déjà pour participer à la deuxième messe. Soudain, une explosion apocalyptique retentie non loin de là. Signalons qu’à quelques mètres de la chapelle Saint Louis des Français, que desservent les Pères Carmes, se trouve le dépôt de munitions et une caserne blindée de Brazzaville.

Panique générale. Les obus venaient dans tous les sens. Les crépitements des balles et autres déflagrations. C’était le sauve-qui-peut. A l’heure actuelle, il est difficile d’établir un bilan officiel. Mais on note un grand dégât matériel qui touche l’apostolat des Pères Carmes à Brazzaville : la chapelle Saint Louis des Français est réduite en ruine. Il y a plus : même la nouvelle construction de l’agrandissement de la chapelle Saint Louis, construction en étage avec crypte, fruit des efforts des tous chrétiens de cette chapelle et des hommes de bonne volonté a été littéralement mis par terre. Tout a été rasé.

On n’ignore si sous les décombres se trouvent ou non quelques corps des fidèles chrétiens de la chapelle Saint Louis des Français. Le Père Jean Marie, curé de la Paroisse, qui était sur le lieu au moment de l’explosion, alors qu’il se préparait à démarrer la voiture pour revenir à la communauté, un petit éclat l’a pris au visage, au niveau de menton. Dieu merci, cela n’a pas été très grave. Il s’en est bien sorti. Il vient de recevoir les soins appropriés dans un des hôpitaux de la Ville et se repose. Il doit être dans un état de traumatisme. Les cinq grandes explosions ont duré presque trois heures d’affilées, soit de 8 heures à 10h45. Actuellement, on entend des détonations plus légères et à intervalles irréguliers ».

Congo : explosions meurtrières à Brazzaville


ROME, mardi 6 mars 2012 (ZENIT.org) – Benoît XVI a adressé un télégramme de condoléances, ce mardi, 6 mars, à Mgr Louis Portella Mbuyu, président de la Conférence épiscopale du Congo, après les explosions meurtrières qui ont eu lieu dimanche, 4 mars, à Mpila, un quartier populaire du nord-est de Brazzaville.

Ces explosions auraient fait 180 morts et 1.340 blessés selon un nouveau bilan annoncé ce mardi par le ministre congolais de la Santé et de la Population, M. Georges Moyen, lors d'une visite d'un hôpital de la capitale du Congo , tandis qu’une aide internationale d'urgence arrive progressivement à Brazzaville.

Le pape a envoyé, par son Secrétaire d’Etat, un télégramme de condoléances à Mgr Louis Portella Mbuyu, président de la Conférence épiscopale du Congo.

"Informé de la tragique catastrophe qui s’est produite à Brazzaville, faisant de nombreuses victimes, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI exprime sa profonde sympathie aux familles et aux proches des personnes disparues », indique ce télégramme.

« Il prie le Seigneur, continue le télégramme, d’accueillir les défunts dans sa paix et dans sa lumière. Saluant le travail accompli par les sauveteurs, il demande à Dieu d’apporter réconfort et espérance aux blessés et à toutes les personnes touchées par ce drame. Benoît XVI accorde à tous la bénédiction apostolique ».

La France a notamment envoyé une équipe médicale de 25 personnes et 5 tonnes de matériel, qui sont arrivés la nuit dernière. Une équipe marocaine est également arrivée lundi soir, constituée de 173 personnes, dont 20 médecins et 16 infirmiers.

Ces violentes explosions ont soufflé des centaines de maisons autour du dépôt de munitions, situé dans une caserne de l'est de la ville, et elle sont laissé quelque 3.000 personnes sans-abri.

Anita Bourdin

samedi 3 mars 2012

REUNION PREPARATOIRE DU FORUM SUR LA PAIX


Le comité technique de l'organisation du forum sur la paix qui sera organisé à Brazzaville, une initiative du Révérend Père Jean-Marie BUKASA MALU-Chantre de la paix en Afrique sous le label "Afrika Telema", s'est réuni ce samedi 3 mars 2012 pour les dispositions pratiques et thématiques ainsi que pour l'adoption des termes de référence dudit forum qui aura lieu du vendredi 29 au samedi 30 juin 2012.

Le Thème général retenu: STRATÉGIES POUR L’EDIFICATION DE LA PAIX DURABLE DANS LA SOUS- RÉGION D’AFRIQUE CENTRALE

Les objectifs visés: faciliter la compréhension des enjeux et des défis qu’implique la paix et identifier des stratégies pouvant contribuer à l’émergence et au maintien d’une véritable paix.

Ce forum, réunira entre autres participants : la Société civile, les Partis politiques, les Confessions Religieuses, les Pouvoirs publics et la communauté internationale et est organisé par « AFRIKA TELEMA » sous le patronage du Haut-commissariat à l’Education Civique et à l’Instruction Morale (HCECIM) et l’Archidiocèse de Brazzaville.

jeudi 23 février 2012

La Communication du Révérend Père J-M Bukasa au Forum sur la vie consacrée tenue à Libreville du 10 au 13 janvier 2012

Le Père J-M Bukasa et Monseigneur Basile Mvè, évêque de Franceville au Gabon.


Le Révérend Père Jean-Marie Bukasa Malu a été l’un des principaux conférenciers. Sa communication a porté sur le thème : « La vie consacrée en Afrique, quel avenir ? ». Ce, à l’occasion de la célébration du jubilé des cent ans d’existence des Sœurs de Sainte Marie du Gabon – 1911 - 2011 -, un forum sur la vie consacrée a été organisé du 10 au 13 janvier 2012 à Libreville sur le thème : « A la suite de Jésus Christ, être sœur de Sainte Marie aujourd’hui dans l’Eglise ».


Abordant un regard historique sur la vie consacrée en d’autres termes l’évolution de la vie consacrée au cours de l’histoire, le Révérend Père Jean-Marie BUKASA MALU a relevé les défis de la vie consacrée dans l’Afrique contemporaine. « L’Afrique est passée du régime des << démocratures>>, c’est –à-dire des régimes forts dominés soit par des élites nationales liées aux transnationales , soit par des militaires qui ont interféré et continuent à interférer dans la politique au nom des intérêts des détenteurs du capital (…)» a-t-il indiqué comme défi politique pour lequel la participation des religieux et religieuses s’avère importante. Par ailleurs, il souligne qu’en Afrique, les Pères synodaux ne cessent de rappeler que la nécessité d’appliquer l’Evangile à la vie concrète est fortement ressentie. En effet, se demandent –ils, comment quelqu’un pourrait –il annoncer le Christ sur cet immense continent s’il oublie que celui-ci est une des régions les plus pauvres ? Comment quelqu’un pourrait-il oublier de prendre en considération l’histoire chargée de souffrances d’une terre ou de nombreuses nations qui sont encore aux prises avec la faim, la guerre, les tensions raciales et tribales, les violations des droits de l’homme? Tout cela constitue un défi pour la vie consacrée. Quant il parle du défi d’ordre socio-économique qui constitue depuis toujours un cheval de bataille des pères synodaux et par conséquent celui de la vie consacrée.

Enfin le Révérend Père Jean Marie a évoqué aussi qu’au regard de l’immense tableau des défis auxquels les Eglises d’Afrique font face, il apparaît qu’elles sont aujourd’hui devant une tâche délicate et périlleuse, mais certainement urgente et vitale, fondamentale et capitale. Cette tâche est de penser, d’inventer une nouvelle manière d’annoncer et de vivre l’Evangile tout en assumant les multiples défis et en affrontant sans détour les innombrables maux qui accablent l’Afrique. Ceci par une nouvelle forme de la vie consacrée en Afrique.

La nouvelle vie consacrée en Afrique doit donc être celle qui est au service de l’Eglise prophétique, poétique, créative et inventive. Le tout dans la communion d’une famille dialogale. « L’Eglise qui ne se pense pas comme une force colonisatrice se découvre comme une communauté en dialogue. Si Dieu est actif partout, et en tous les peuples et si les personnes y répondent à leur manière, les porteurs de la Bonne Nouvelle de Jésus ne rencontrent pas Seulement des gens qui ont une liberté et une dignité et qui les invitent au dialogue plutôt qu’à imposer leurs propres convictions. Ils rencontrent aussi la liberté de Dieu qui s’est manifesté lui-même à ces gens à travers des moyens qui leur sont inconnus. En rencontrant les autres, on se trouve devant le mystère de Dieu » a-t-il martelé en ajoutant que dans notre Afrique, la nécessité de la prophétie semble particulièrement urgente. Dans la tradition biblique, les prophètes semblent surgir dès que les pauvres sont opprimés ; que l’injustice s’étend et que le plaisir de l’argent et le pouvoir deviennent des idoles. Mais « la vie religieuse ne répète pas, mais poétise. Chaque célébration sera une nouvelle manière d’être, de se figurer. Nous aurons échappé au cycle infernal de la monotonie, de la loi du même, de l’insignifiance purement verbale. C’est l’invention sous l’impulsion de l’Esprit qui introduit cette lumière » a-t-il poursuivi.

Le Révérend Père Jean Marie a, en guise de conclusion à sa conférence, souligné entre autres que c’est pour les raisons ci-dessus que (…) ni le désespoir, ni le pessimisme ne peuvent être justifiés quant à l’avenir de la Vie consacrée en Afrique. Telle est la vérité que nous devons annoncer, une vérité une et unique, une vérité utile et nécessaire, une vérité rigoureuse et généreuse, une vérité belle comme la lumière, bonne comme le pain, ardente et féconde et fécondant comme le levain. Cette vérité du Verbe Incarné dans le sein de la Vierge Marie qui n’est plus un concept abstrait à rechercher, mais une personne concrète à aimer : Jésus-Christ, paradigme de toute Vie Consacrée (…).

A noter que le Révérend Père Jean-Marie BUKASA MALU est prêtre de l’Ordre des Carmes Déchaux, Curé de la Paroisse Notre Dame de Fatima dans l’Archidiocèse de Brazzaville et Chantre de la Paix en Afrique sous le label « Afrika Telema » (Afrique, lève-toi). Il s’agit d’une Campagne pour la promotion de la Paix en Afrique.

Jonas Libo